Les serviettes hygiéniques lavables (SHL)

Désolée d’avance messieurs, mais cet article s’adressera particulièrement aux personnes sujettes aux menstruations. Oulalah ! Beek beek ! Sujet sensible et tabou !

Mais noooon, restez les gars ! Vous n’en sortirez que plus savants et instruits à propos de cette curieuse « période rouge » qui accable les femmes durant une loooongue période de leur vie.

Toutefois je vous préviens, je ne vais pas surveiller mon langage. On va donc parler de règles, de sang, de vagin, de culottes sales et d’hygiène de vulve. Ames sensibles s’abstenir.

« Quand j’ai mes règles, c’est la fête dans mon slip ! »
Vous avez bien de la chance si vous tenez ce genre de propos. Par contre, c’est pas du tout la fête dans la petite poubelle d’amour de nos toilettes. Elle n’a rien demandé, la pauvre. Ça sent  le sang qui macère, les protections hygiéniques s’y accumulent pendant toute une semaine, et la dose de déchets finale est plutôt monstrueuse.

Faut savoir que les serviettes et tampons ne poussent pas comme ça, dans les arbres. Non non, désolée de vous décevoir. Ces produits sont issus de coton (bio, tu rêves) qui subit ensuite de nombreuses manipulations chimiques (et toxiques) avant de finir sa vie collé dans le fond d’une culotte ou envoyé en mode fusée in a vagina.

Pour récapituler :
– la fabrication est polluante ;
– les emballages sont parfois surdosés ;
– les protections débordent de produits toxiques (et parfums !) que l’on dispose en contact direct avec notre vulve chérie, voire carrément notre petit intérieur ;
– nos poubelles se plaignent (si si écoute bien) ;
– recycler le coton sale et modifié chimiquement, c’est pas jojo.

 

Je connais à ce jour 3 solutions pour éviter tout ce gâchis : la coupe menstruelle, le flux instinctif et la serviette hygiénique lavable, cette dernière étant celle dont je vais te parler, toi-même-t’as-lu-le-titre.

Mais avant, pourquoi cette solution et pas une autre ? Si tu t’en fous, passe direct au paragraphe suivant, je t’épargne de la lecture, t’as vu chui trop sympa.
L’idée de la coupe menstruelle me plait bien mais j’ai un gros problème qui rend la situation incompatible : le vaginisme (voir sources et infos).
Le flux instinctif me semble être le must ! C’est littéralement zéro déchet, mais demande de l’entrainement, une pleine conscience de son corps et du self-control. Je n’ai pas encore assez de volonté pour acquérir tout ça.
Après quelques recherches, j’ai fini par découvrir les serviettes hygiéniques lavables. Tu l’as compris, ce sont donc des serviettes que tu peux laver après les avoir utilisées, et rebelote jusqu’à l’infini ! 😀 J’ai consulté plusieurs témoignages (voir sources et infos) et la majorité étaient satisfaisants, je me suis donc lancée.

 

Sur le groupe facebook ZD productions, j’ai rencontré la créatrice de Wash – Le Shop et ses serviettes lavables. Je lui ai commandé un lot de 4 serviettes, et qu’est-ce que j’en pense ?

La composition des serviettes est la suivante :

  • Pressions en plastique (pratique, ça ne rouille pas en machine)
  • Top : tissu fantaisie en coton pour une touche de déco
  • Intérieur : éponge fine en coton pour absorber le sang
  • Dos : PUL. C’est un tissu qui est imperméable tout en laissant respirer ! pas comme le plastique, tmtc.

Toutes les couches sont oeko-tex

 

Les motifs sont choupi-adorables, mais au final ça n’a pas vraiment d’intérêt puisque personne ne voit tes serviettes à part toi-même, il y a également parfois des taches de sang plus tenaces qui ne partent pas au lavage. Et enfin les dessins s’estompent après quelques nettoyages. Mais est-ce vraiment un problème …?

 

Niveau confort, les tissus sont supra-agréables à porter, pas de frottement, pas de sensation d’étouffement de la vulve et je transpire beaucoup moins. Malgré les trois couches de tissus différentes, je n’ai pas du tout l’impression de porter un lange. Par contre, la longueur est fort petite, je pense avoir acheté un des plus petits modèles, du coup selon mes mouvements, la serviette peut parfois glisser un peu en direction de mes fesses.

L’absorption est top ! Vachement meilleure que celle des serviettes jetables (j’utilisais environ 5 serviettes /jour). Lors de mes journées light je n’ai besoin que d’une serviette par jour, et les journées plus « chargées » je n’en ai besoin que de deux. Pas pratique quand on n’est pas chez soi, je l’admets. « Où est-ce que je vais bien pouvoir foutre cette serviette sanglante… dans ma poche ? ». Du coup pour ces fameuses journées où je pars en vadrouille, au-lieu de changer de serviette, je roule un peu de papier w-c que je glisse entre ma serviette et mon entre-jambes. Pas très glamour mais ça absorbe bien pendant une heure ou deux donc on ne va pas râler. Est-ce que c’est gênant de garder la même serviette aussi longtemps ? Non, puisque le tissu respire ! Ca change de l’impression de film plastique cotonné qui retient la chaleur et fait baigner dans le peu de sang évacué.

Le rangement : je vous ai un peu menti, techniquement il y a moyen de ranger sa serviette hygiénique souillée dans son sac à main. Il suffit simplement de la replier sur elle-même, le sang à l’intérieur, puis de fermer et sécuriser à l’aide des pressions. Après j’admets que c’est moins gênant si tu as un petit sac en toile/plastique où tu peux la ranger pour éviter les mauvaises surprises, sait-on jamais.

 

L’entretien n’est pas compliqué en soi. Personnellement je les laisse tremper dans un seau avec un fond d’eau froide jusqu’à ce que je lance une lessive. Ca peut durer quelques jours. Parfois je change l’eau après un jour ou deux si la quantité de sang est élevée.

 

Le nombre (4) est intéressant pour tester le produit mais insuffisant pour durer toute une période menstruelle (une semaine et demie pour moi). Selon mon flux, je dure 2 à 4 jours avec 4 serviettes. N’étant que deux personnes à la maison, la dose de linge sale ne monte pas vite, je ne fais qu’une machine par semaine, autrement dit je dois parfois me rabattre sur des serviettes jetables en moitié ou fin de menstrus.

Le prix d’un lot s’élève à 25€. Cela peut sembler cher pour certains, mais étant moi-même dans la création, je sais qu’on peut en passer des heures sur sa machine à coudre pour un résultat aussi parfait. Et puis soyons honnêtes, ces quatre serviettes vont me faire économiser tellemeeeent de tunes puisque je ne dois presque plus (pour l’instant) acheter de serviettes jetables !

 

Est-ce que je compte en racheter ? Oui, puisque j’aimerai pouvoir en avoir toujours une de propre à disposition sans devoir réfléchir logistique lavages et sans devoir me rabattre sur les jetables. Par contre, je n’achèterai plus le même lot : je veillerai à en prendre des foncées pour que les taches de sang persistantes soient moins visibles, et je les achèterai un chouïa plus longues pour qu’elles puissent légèrement glisser tout en restant sous ma vulve.

 

En espérant que cet article vous aura fait réfléchir sur votre consommation, je vous souhaite à toutes et tous de bonnes menstruations ! Oui, toi aussi mec, laisse-moi l’illusion deux minutes que tu subis la même injustice que les femmes 😀

 

Edit : après avoir lu mon article, la créatrice m’a donné une astuce : si la serviette n’est pas lavée rapidement et est toujours tachée après rincage, il suffit de la tremper dans de l’eau chaude avec du percarbonate. Je vais tenter et vous tiendrai au courant ! 😉

 

Sources et infos :

Les protections jetables :
La culture de coton :

Planetoscope : production mondiale de coton
Futura sciences : récolte, transformation et utilisation du coton

Les produits toxiques dans les protections :

Europe 1 : Tampons, serviettes hygiéniques : que faire pour éviter les produits toxiques ?
La DH : Toxicité des tampons hygiéniques: le SPF Santé enquête
60 millions de consommateurs : Tampons hygiéniques : la présence de résidus toxiques confirmée
60 millions de consommateurs : Tampons et protections féminines : une réglementation s’impose !

Les serviettes hygiéniques parfumées :

Serviettes hygiéniques : pourquoi vous devez éviter les parfumées

Le syndrome du choc toxique :

Syndrome du choc toxique, tampons & tutti quanti | Coline

 

Les alternatives :
La coupe menstruelle :

Pourquoi passer à la cup (coupe menstruelle) ?
Courrier des cups — Marion Séclin répond aux questions sur la cup
Comment ne pas s’en foutre plein les doigts en vidant sa cup (et autres conseils techniques)

Le flux instinctif :

Le corps la maison l’esprit : Mon Journal de Règles: J’essaye le Flux Instinctif

La serviette hygiénique lavable:

J’ai testé les serviettes hygiéniques lavables | Coline

 

Le vaginisme :

Clemity Jane : vaginisme on en parle avec Emmanuelle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.