Lundi 5 février – Journal d’une semaine de folie à Arlon

Avant de lire cet article, celui-ci t’aidera à mieux comprendre : Mes valises pour Arlon.

 

8h15
Presque à la moitié du trajet, je me rends compte que mon voyant essence est allumé. Dans ma tête, la petite voix de mon papa : « T’inquièèète, tu peux encore rouler ! ». Bah oui mais il est rouge depuis quand ce voyant ?? Malgré tout, la petite voix me persuade que je peux me rendre jusqu’à Arlon sans problème. « En plus, faire le plein sur l’autoroute, c’est hors de prix. Et tu risques de te mettre en retard, comme d’habitude ». Conséquence : j’ai passé le reste du trajet avec la gorge sèche et une boule au ventre chaque fois que j’apercevais du coin de l’œil la loupiote de mon tableau de bord.

Quand j’arrive à proximité d’Arlon, je finis par craquer et prend la direction opposée de ce que mon GPS m’indique, va savoir pourquoi. « Parce que là-bas, je vais bien trouver une pompe à essence. » Que nenni. Je finis par m’arrêter pour me calmer et demander à mon téléphone où se trouve la station la plus proche. Trouvé. Go.

9h10
Arrivée 10 minutes en retard, comme d’habitude. Yepee.

13h05
La journée se déroule bien dans l’ensemble, si l’on oublie ma fatale erreur de ne pas avoir prévu de quoi grignoter : j’avais tellement faim à midi que je suis allée à la sandwicherie prendre ce qui me faisait le plus envie, sans réfléchir. Ne jamais faire ses courses quand on a faim, vous le savez sans doute déjà. Baguette au pesto-mozza-tomate-poulet. Horreur !

Pourquoi ne dois-tu pas manger de tomates en hiver ?

16h00
Notre formateur termine en nous motivant à sortir de notre zone de confort : il nous donne comme devoir d’aller aborder trois personnes dans la rue pour, en résumé, leur poser des questions sur notre projet. Je ris intérieurement quand je vois la tête des autres qui ne s’attendaient pas à ça du tout. Moi non plus à vrai dire, mais j’avais déjà prévu de sortir de ma zone de confort pour chercher un hébergement, donc ça de plus ou de moins… 😉
Le bâtiment de la formation se trouvant sur un zoning, je dois tout de même prendre ma voiture pour me rapprocher du centre-ville et améliorer mes chances de réussite.
Je me gare au hasard, je prends note de la rue pour pouvoir retrouver ma voiture plus tard, puis sac à dos et c’est parti.

16h15
Je sors d’une échoppe. Le gardien des lieux vient de m’indiquer la direction de « Soleil d’hiver, un abri pour la nuit ». Je marche et me perds. De toute façon, après avoir pris mes infos sur mon téléphone, je me rends compte que cet endroit est conçu pour les sans-abris. Je ne tiens pas à priver qqun d’un bon lit bien chaud. Je lève les yeux de mon phone et aperçoit une fenêtre avec des journaux en guise de rideaux. « Une chose est sûre, faut pas que je sonne là… ». Je continue ma quête et me surprend à observer les rideaux de toutes les maisons que je croise. Je m’arrête devant une petite fenêtre toute mignonnette avec des jolis rideaux et de la petite déco toute choupi. Je souris. Puis je me résigne. « Allons plutôt aborder les gens dans la rue ».

17h00
Je rentre dans une boutique. Je pose mes questions relatives à mon devoir puis lui demande s’il connait qqun qui peut m’héberger en échange de services. Il fait mine de réfléchir. « Non, comme ça je ne vois pas. Désolé. » Et il clôture la conversation avec grand sourire et un « Bonne chance dans votre recherche ! » qui semble sincère. Je reviens vers lui : « Vous permettez que je demande à votre clientèle qui vient d’entrer ? ». Son visage change : « Non ». Sympa.

17h10
Après avoir tenté plusieurs magasins et inconnus dans la rue, je sors de l’office du tourisme. Ils m’ont offert une carte de la ville et m’ont situé les rues où la population est plus dense afin de maximiser mes chances. Un opticien me conseille un quartier en particulier, sous l’église Saint Donat, habité par des personnes âgées qui pourraient avoir besoin de mes services. Je frappe à une porte, une dame très aimable me répond qu’elle n’a malheureusement pas de place mais me montre toutes les maisons de ses voisins sympas. Elle me conseille fortement d’aller voir avant chez le curé qui vit derrière l’église. « Parce que lui, il a de la place, c’est sûr. Et puis il peut bien faire ça Monsieur le Curé, hein ! Au-moins, là je suis sûre que vous serez en sécurité et bien au chaud ma p’tite. »

17h40
J’ai fait le tour de l’église, pas trouvé de curé, personne ne répond aux portes. Je demande à un vieil homme qui passe par là. « Je ne vois pas sa voiture, il n’est pas là mademoiselle ».
Je décide de redescendre faire le tour des « voisins sympas » mais, fatiguée, je ne retrouve plus ma route et me trompe de rue. Il fait noir maintenant, et ma jauge d’espoir diminue. Je crois que je vais rejoindre ma voiture pour dormir dans le coffre. J’ouvre mon plan de ville pour me situer, et quand je relève les yeux, mon regard se pose sur cette fenêtre déjà vue au début de ma recherche. Celle avec les petits rideaux tous mignons. Cette fois, il y a de la lumière derrière les rideaux.
Allez, j’ai rien à perdre, c’est ma dernière tentative.

18h15
Je suis assise à table devant un thé bien chaud. Ce brave homme qui m’a ouvert sa porte discute avec moi, malgré la fatigue de sa journée de travail qui se lit sur son visage. Ses deux enfants jouent dans le salon. Sa femme ne va pas tarder, il l’a déjà prévenue par téléphone, ils prendront une décision tous les deux quand elle sera rentrée. En l’attendant, j’aide l’ainé à corriger ses devoirs, puis on joue une partie de Puissance 4.

19h00
La voilà, j’ai le cœur qui palpite. Elle se présente tout sourire et me fait la bise. On se tutoie déjà. Au fil de la conversation, ils comprennent ma situation, mon envie de sortir du train-train et conviennent ensemble que oui, je suis la bienvenue pour la semaine. Elle explique la situation aux enfants et me propose de leur lire une histoire pour le dodo. Je suis ravie. Eux aussi.

J’ai mon propre lit, comme une princesse !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


12 Commentaires

  • papa Répondre

    je t’aime.

    • Élodie Smet Répondre

      Je t’aime aussi papa. Merci pour ton soutien et ta tendresse <3

  • Véro Répondre

    Oh, oh, divan 5 étoiles par rapport à un arrière de voiture, surtout avec les températures négatives que nous avons pour le moment. Bonne continuation…

    • Élodie Smet Répondre

      Je dirai même plus, je ne pouvais pas rêver mieux! Même dans les plus belles situations que j’avais imaginées à l’avance, il n’y avait pas de clic-clac ! 😉

  • Philippe Répondre

    Bravo 👏,
    Bonne continuation 😉

  • Bigoudi Répondre

    Chapeau Elodie, tu vis une expérience qui sera très probablement pleine d’enrichissement personnel et dont tu garderas certainement de bien chouettes souvenirs.
    C’est avec beaucoup de plaisir que je vais continuer à suivre, de loin, tes pérégrinations.
    Très amicalement, Michel (Clown Bigoudi d’Hôpiclown).
    P.S: P’tit conseil, étant donné les t° négatives la nuit, ne mets pas ton frein à main le soir. Avec l’éventuelle humidité qui se serait glissée dans la gaine, le câble pourrait bien se gripper, mais je pense bien que ton papa te l’a déjà conseillé.

    • Élodie Smet Répondre

      Merci pour le suivi, les encouragements et le conseil 🙂 papa me l’a en effet déjà dit mais une piqûre de rappel était nécessaire puisque j’avais oublié 😉

  • Riolo Marie Répondre

    Coucou, j’ espère que ta semaine s’est déroulée comme tu le souhaitais, avec ses imprévu et ses rencontres inhabituelles. Soit prudente sur la route 😊 bisous 💋💗

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